Test Warhammer Age of Sigmar – Ossiarch Bonereapers

Test Warhammer Age of Sigmar – Ossiarch Bonereapers

Conduire une armée de morts-vivants… mais qui joue au contrôle, pas juste au rouleau compresseur

Je n’ai jamais été un fan immédiat des Ossiarch Bonereapers. Sur le papier, une armée d’ossements hyper disciplinée, taillée comme une légion romano-gothique, ça me parlait. Sur la table, par contre, leurs premières itérations me donnaient l’impression de jouer un gros bloc rigide : dur à tuer, oui, mais prévisible, presque administratif.

Avec ce nouveau Battletome et les quatre nouvelles unités que j’ai pu tester – Liege-Mortek, Mortis Reapers, Mortek Triaxes et Liege-Kavalos sur char de guerre – j’ai eu la sensation inverse : toujours cette froideur implacable, mais au service d’un vrai jeu de contrôle, de tempo et de micro-synergies. Au bout d’une dizaine de parties de test, je ne voyais plus du tout l’armée de la même façon.

J’ai joué le Battletome surtout à 1 000 et 2 000 points, sur des scénarios d’objectifs bien classiques d’Age of Sigmar. Mon style, pour situer : j’aime les armées de contrôle de table (genre Lumineth, certains builds Nighthaunt), plus que les alpha strikes crâne dans le mur. Les Ossiarch version 2026 rentrent clairement dans cette case.

Un Battletome dense mais digeste : du fluff, des outils, et une identité claire

Première soirée avec le livre : canapé, stabilo, et je me suis surpris à passer plus d’une heure juste sur le lore. La section de fond sur les Ossiarch fait une quarantaine de pages, avec ce ton très “bureaucrate de la mort” qui colle bien à l’armée. On suit notamment l’ascension d’Orpheon Katakros, Mortarque de la Nécropole : l’histoire ne réinvente pas la roue, mais elle donne un vrai cadre à cette obsession pour la dîme d’os et la planification millimétrée des campagnes.

Ce qui m’a plu, c’est la cohérence entre ce fluff et ce que le livre te pousse à faire en jeu : user l’adversaire par une pression constante, gratter des avantages positionnels, et frapper au moment exact où tout s’aligne. On n’est pas dans l’armée de morts-vivants qui avance bêtement en ligne droite ; ici, tout tourne autour de la gestion des ressources et du placement.

Une fois la lecture d’ambiance passée, le Battletome enchaîne logique : Traits de bataille, aptitudes de héros, artéfacts, lore de sorts, puis tous les Warscrolls (du dieu au péon), avant de finir sur les règles Spearhead, Path to Glory, Armées et Régiments de Renom. Sur la forme, c’est propre et surtout bien structuré pour qu’on puisse revenir facilement à ce qu’on cherche en pleine partie.

Immortal Elite : une économie de points qui donne enfin du nerf aux décisions

Le cœur mécanique de l’armée, c’est toujours cette idée de discipline implacable. Le trait de bataille “Immortal Elite” te donne, au début des tours, un pool de points de “Relentless Discipline” égal à une valeur portée par tes héros Ossiarch. Et c’est avec ces points que tu vas tordre la partie à ton avantage.

Concrètement, tu as un petit éventail d’aptitudes spéciales accessibles via ces points. Parmi celles qui m’ont le plus servi :

  • augmenter le Mouvement d’une unité de 3″ pour un tour ;
  • permettre à une unité qui vient de se replier de charger quand même ;
  • offrir une sauvegarde Ward (5+) à une unité jusqu’à la fin du tour.

Dit comme ça, ça a l’air basique, mais sur la table, ça change tout. Dans une partie, j’ai littéralement gagné sur un dernier tour où j’ai claqué un point pour un bonus de mouvement sur des Mortek Triaxes, un autre pour donner une Ward à mon pack qui tenait l’objectif central, et un troisième pour permettre à un écran de se replier puis recharger sur un flanc. Sans ces trois micro-boosts, je perdais le contrôle de deux objectifs et, avec eux, la partie.

Il faut accepter un peu de compta – on coche, on dépense, on surveille qui a déjà utilisé quoi – mais ce n’est pas la lourdeur de certaines listes d’avant. Là, j’avais vraiment l’impression de jouer une armée d’état-major : tu planifies ton tour autour de ces points, tu gardes un petit matelas “au cas où”, et tu punis l’adversaire quand il mal évalue ta portée ou ta résilience.

Traits de héros, reliques et magie : raffiner la machine à broyer

Côté personnalisation, le Battletome coche les cases attendues mais avec une vraie logique de jeu. Les traits de héros te permettent de spécialiser ton général : certains le rendent plus dur à tuer, d’autres renforcent son rôle de chef d’orchestre pour la Relentless Discipline. J’ai fini par privilégier les profils qui aidaient à fiabiliser mes bulles de buffs autour des Mortek, plutôt que de tenter d’en faire des solos de mêlée.

Les reliques suivent la même philosophie : des bonus assez sobres, mais qui, combinés à la bonne unité, font la différence sur la durée. Ce n’est pas l’arsenal le plus explosif de la gamme AoS, mais il y a de quoi affiner ton plan de jeu (un peu plus de tanking ici, un peu plus de pression magique là).

Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin - Deluxe Edition
Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin – Deluxe Edition

Le lore de sorts m’a surtout servi pour trois choses :

  • booster le potentiel offensif des unités de corps à corps ;
  • projeter des dégâts magiques peu interactifs pour finir des cibles clés ;
  • voler de la vie à l’ennemi pour faire durer tes unités un tour de plus.

J’ai particulièrement apprécié cette dimension “grignotage” : tu n’exploses pas forcément un bloc ennemi en un tour, mais tu le saignes lentement, entre les sorts, les capacités d’unité et les dégâts de moral. Sur plusieurs parties, l’adversaire se croyait safe avec un héros à quelques PV restants, pour le voir tomber sous une combinaison de sort et de capacités de fin de phase. Très “comptable de la mort”, là encore.

Zoom sur les nouvelles unités : quatre pièces qui changent la façon de jouer Ossiarch

Liege-Mortek : le chef d’orchestre des Mortek

Sur le profil, le Liege-Mortek tape correctement : 5 attaques avec son arme de commandant, touche sur 3+, blesse sur 4+, perforation -1, dégâts 2. Ce n’est pas un monstre, mais ce n’est pas le sujet. La vraie star, c’est son aptitude de “Clinical Efficiency”.

Après qu’il a combattu, tu peux choisir une unité amie de Mortek Guard, Mortek Triaxes ou Mortek Crawler visible qui n’a pas encore utilisé une aptitude d’Attaque, et elle combat ou tire immédiatement, avec +1 attaque sur ses armes pour le reste du tour. En vrai, c’est dingue. Dans mes parties, je l’ai surtout joué au cœur d’un noyau de Mortek Guard : il tape, puis il ordonne au pack de s’abattre sur la cible. Le gain de tempo est colossal.

Il y a un petit jeu d’ordre d’activation à maîtriser, parce que tu veux souvent forcer l’adversaire à consommer ses activations sur des cibles moins importantes. Mais une fois que tu as pris le pli, le Liege-Mortek devient le pivot d’un vrai plan “deathstar disciplinaire” : tu t’approches, tu encaisse, puis tu décroches un tour où tu doubles quasiment ton volume d’attaques là où ça compte.

Mortis Reapers : assassins spectraux et cauchemars de héros

Les Mortis Reapers, ça a été mon coup de cœur immédiat. Sur le papier, ils ont des Reaper’s Blades à 3 attaques, 3+ pour toucher, 4+ pour blesser, perforation -1, dégâts 1, avec un bonus d’anti-héros sous forme de perforation accrue. En pratique, ce sont surtout leurs capacités qui les rendent atrocement agaçants pour l’adversaire.

“Necrocaches” te permet, à la fin de n’importe quel tour, de lancer un D3 pour chaque unité ennemie au contact. Sur 2+, tu infliges ce nombre de blessures mortelles, puis tu te déplaces de 6″, en traversant même les zones d’engagement, tant que tu n’y termines pas ton mouvement. Ça veut dire que tu peux rentrer, planter quelques lames, faire exploser des ossements, puis glisser hors de portée avant la riposte sérieuse.

La deuxième règle clé, “No Escaping The Tithe”, te permet – si aucun ennemi n’est à 6″ – de désigner un élément de décor proche comme cible, de retirer l’unité et de la replacer à 3″ de ce décor et à plus de 9″ de tout ennemi. En gros, une petite téléportation par les ombres osseuses.

Sur la table, ça donne une unité qui adore harceler les héros de soutien et les petites unités sur les arrières. Dans une partie, mes Mortis Reapers ont nettoyé un sorcier clef en deux tours sans jamais se prendre de vraie contre-charge, juste grâce à ces mouvements de fin de tour. Tu sens bien ce côté “personne n’échappe à la dîme”, et l’adversaire doit réorganiser son dispositif juste pour les tenir à distance.

Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin - Deluxe Edition
Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin – Deluxe Edition

Mortek Triaxes : l’archerie qui sabote le contrôle ennemi

Les Mortek Triaxes, ce sont les tireurs de la bande. Portée 18″, 2 tirs par tête, 3+/4+/-1/1 : honnêtement, le profil est correct sans être délirant. Ce qui fait toute la différence, c’est leur règle “Atavistic Nightmares” et la gestion des Balefire Braziers.

En gros, ils manipulent des pions de brasier maléfique qu’ils déplacent sur le champ de bataille. Là où se trouve un de ces braziers, l’unité ennemie voit son score de contrôle diminué de 3, et, cerise sur le gâteau, elle ne peut plus soigner ni ramener des figurines détruites.

Dans le contexte d’Age of Sigmar actuel, où le contrôle des objectifs se joue beaucoup sur ces “scores de contrôle”, c’est énorme. Visuellement, j’avais presque l’impression de jeter des zones mortes sur la table : un brasier qui tombe sur une unité censée tenir un objectif, et soudain, elle se fait contester deux fois plus facilement. Ajoute à ça l’interdiction de se soigner, et tu coupes les jambes à pas mal de plans adverses basés sur la résilience ou la récursion.

Les Triaxes sont devenus mon outil préféré pour casser les châteaux ennemis : tu les places de façon prudente, tu déplaces un brasier sur le gros pack qui tient un objectif, et tout de suite la zone devient beaucoup moins sûre pour lui. L’adversaire se retrouve obligé de surinvestir en unités juste pour garder le même niveau de contrôle.

Liege-Kavalos sur char de guerre : la lance de cavalerie qui ouvre les brèches

Dernier nouveau venu de mon pack de test : le Liege-Kavalos sur char. Là, on est sur une pièce plus spectaculaire. Il a une lame de commandant à 5 attaques, 3+/4+/-1/2, qui gagne encore en violence à la charge, et surtout deux aptitudes très bien pensées : “Grind Them To Dust” et “Masterful Charioteer”.

La première te permet, une fois par tour pendant ta phase, de faire une pile-in gratuite avec lui et jusqu’à deux chars de Kavalos amis dans les 12″. Donne un ou deux coups de roue supplémentaires, puis, derrière, tu choisis une unité ennemie au contact et tu jettes un D3 : sur 2+, ce sont des blessures mortelles gratuites. C’est du contrôle d’espace pur : même sans déclarer de nouvelles charges, tu resserres l’étau, tu grignotes des PV, tu verrouilles des trajectoires.

“Masterful Charioteer”, lui, donne une Ward (5+) au Liege-Kavalos et à deux chars amis dans les 12″ pour le reste du tour. Résultat : tu peux te permettre des charges agressives sans avoir l’impression de suicider ton flanc. En combinant ça avec des points de Relentless Discipline pour rallonger un mouvement ou recharger après un repli, on obtient une aile de cavalerie étonnamment tenace.

Je me suis retrouvé à jouer le Liege-Kavalos presque comme un chef de guerre d’avant-garde : il ouvre une brèche, encaisse la contre-charge grâce à la Ward, pendant que le reste de l’armée avance de manière plus méthodique. Ça donne enfin aux Ossiarch une vraie menace de flanc, ce qui leur manquait cruellement dans les parties où l’adversaire pouvait simplement les encercler.

Une armée de contrôle enfin complète : synergies, tempo et pression psychologique

Ce qui m’a frappé après plusieurs parties, c’est à quel point ces quatre nouveaux Warscrolls complètent le puzzle Ossiarch. Le Liege-Mortek consolide le noyau d’infanterie, les Mortis Reapers gèrent les héros et les arrières-lignes, les Triaxes sapent le contrôle sur les objectifs, et le Liege-Kavalos sur char donne une vraie pointe de vitesse et de pression.

Tout tourne autour d’un même mot : tempo. Tu avances rarement plus vite que l’adversaire au sens brut, mais tu le forces en permanence à réagir : à repositionner ses héros sous la menace des Reapers, à blinder ses objectifs à cause des braziers des Triaxes, à tenir compte de la double activation potentielle autour du Liege-Mortek. Même sans lancer un seul dé, tu commences à gagner la partie dans sa tête.

Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin - Deluxe Edition
Screenshot from Warhammer Age of Sigmar: Realms of Ruin – Deluxe Edition

Par contre, il faut aimer ce style. Si tu viens chercher du “je jette tous mes dés et on voit qui survit”, passe ton chemin : les Ossiarch restent une armée exigeante, qui récompense ceux qui lisent bien les scénarios, anticipent les tours futurs et savent quand garder ou dépenser leurs ressources (Relentless Discipline, aptitudes une fois par tour, etc.). Mais si ce côté “général d’état-major de Nagash” te parle, ce Battletome est un vrai régal.

Les figurines sur l’établi : du détail, du caractère, un peu de fragilité

Deux mots rapides sur les kits, parce que ça compte aussi. Les nouvelles références restent dans la lignée esthétique Ossiarch : armures segmentées, crânes stylisés, silhouettes anguleuses et très hiératiques. Le Liege-Kavalos sur char en impose vraiment au centre d’une ligne de bataille, avec cette impression de char de guerre rituel plutôt que de simple engin de choc.

Les Mortis Reapers et les Mortek Triaxes, eux, ont ce petit côté plus dynamique qui manquait à certains anciens kits : poses plus souples, lignes moins “briques de squelette”. Par contre, il faut accepter un peu de finesse : quelques éléments sont assez fins, il vaut mieux prendre son temps au montage pour ne pas casser ces foutus petits os en plastique. Mais une fois sous-couchés et un minimum contrastés, ils claquent vraiment sur la table.

Accessibilité, complexité et plaisir de jeu

Est-ce que je recommanderais cette armée à un débutant complet d’Age of Sigmar ? Honnêtement, pas en premier choix. Entre la gestion de la Relentless Discipline, les braziers des Triaxes, les mouvements spéciaux des Reapers et toutes les petites bulles de buffs, on est sur une armée avec une vraie charge mentale.

Cela dit, la façon dont le Battletome est rédigé aide beaucoup : les aptitudes clés sont bien regroupées, les effets sont plutôt simples pris isolément, et les Warscrolls restent lisibles. Après deux ou trois parties, j’avais arrêté de revenir au livre toutes les deux minutes. On est loin des pavés d’exception à rallonge que certains Battletomes ont pu infliger dans le passé.

Pour un joueur qui a déjà quelques batailles AoS au compteur et qui cherche une armée à la fois robuste et cérébrale, en revanche, c’est un excellent choix. On prend un vrai plaisir à optimiser chaque tour, à tendre des pièges multiples, et à voir l’adversaire se débattre avec une armée qui ne gagne pas forcément par de gros coups d’éclat, mais par une série de petites décisions optimisées.

Verdict : une refonte qui donne (enfin) envie de collecter des os

Après une dizaine d’heures entre lecture, construction et parties de test, je ressors de ce Battletome Ossiarch Bonereapers franchement emballé. Les nouvelles règles d’armée donnent une identité forte, centrée sur le contrôle et la discipline. Les quatre nouvelles unités ne sont pas juste des ajouts cosmétiques : elles ouvrent des pans entiers de jeu que l’armée ne maîtrisait pas auparavant, surtout en termes de mobilité, de harcèlement et de manipulation de contrôle.

Tout n’est pas parfait – l’armée reste exigeante à piloter, et certains joueurs trouveront sûrement la micro-gestion un peu trop présente – mais pour mon profil de joueur qui aime construire un plan de bataille sur plusieurs tours, c’est un vrai coup de cœur. Je me suis surpris à réfléchir à de nouvelles listes en rangeant la table, ce qui est toujours bon signe.

Note finale : 8,5/10

TL;DR – Faut-il investir dans ce Battletome et ces nouvelles unités Ossiarch ?

  • Un Battletome cohérent, bien structuré, avec un lore qui colle parfaitement au gameplay.
  • Le système “Immortal Elite” et les points de Relentless Discipline renforcent le côté armée de contrôle et de planification.
  • Le Liege-Mortek sublime les packs de Mortek en leur offrant un énorme gain de tempo.
  • Les Mortis Reapers sont d’excellents assassins de héros, mobiles et très pénibles à gérer.
  • Les Mortek Triaxes apportent un contrôle de table rare grâce aux braziers qui réduisent le score de contrôle et bloquent les soins.
  • Le Liege-Kavalos sur char donne une vraie aile de choc résistante, idéale pour les attaques de flanc.
  • Complexe mais gratifiant : parfait pour joueurs intermédiaires/confirmés qui aiment la micro-gestion et le jeu de position.

Si tu cherches une armée d’Age of Sigmar qui joue la partie autant dans la tête que sur les dés, ce nouveau Battletome Ossiarch Bonereapers et ses quatre figurines inédites valent clairement le détour.

D
Damien
Publié le 23/02/2026
15 min de lecture
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