
Après seize heures à jongler entre solo et online, voici notre verdict sur Rematch, le nouveau titre footballistique de Sloclap. Ambitieux, nerveux et teinté d’un esprit « street foot » (football urbain, axé sur le flair et le spectaculaire), le jeu oscille entre moments grisants et séquences frustrantes. D’un côté, la vitesse d’exécution, les dribbles express et le style visuel peint à la main séduisent immédiatement ; de l’autre, caméras capricieuses, détection de collision aléatoire et netcode perfectible viennent jouer les trouble‑fête. Décryptage complet de ce challenger de l’arcade‑foot.
Au cœur de Rematch se trouve un système de boost par double pression, associé à une jauge d’endurance bien pensée. Chaque accélération, chaque feinte procurent un vrai sentiment de maîtrise, à condition de rester vigilant sur l’épuisement des joueurs. En attaque, les combinaisons dribbles rapides – frappe pleine puissance fonctionnent souvent et procurent des instants jouissifs ; en défense, l’art du tacle glissé et de la contre‑attaque offre des retournements dignes d’un match de rue.
Cependant, la promesse tactile souffre d’un manque de constance qui altère l’expérience. Parfois, une feinte ne déclenche pas la bonne animation et une frappe bien calibrée part sur le poteau opposé sans raison apparente. Ces incidents semblent liés à la courbe de réponse des sticks et à la détection des contacts entre joueurs et ballon (les « hitbox » — zones virtuelles servant à jauger les collisions). Un lissage logiciel de la courbe d’entrée des manettes et un affinage des hitbox rendraient le contrôle plus prévisible et gratifiant.
Ce que j’aime dans Rematch, c’est cette sensation de « frappe instantanée » : appuyer, sentir l’élan et voir le ballon partir. Mais pour passer d’un « fun mais approximatif » à une maîtrise totale, il faudra corriger ces ratés de réactivité.
Le solo démarre avec un prologue composé de cinématiques et d’un tutoriel dynamique — la mise en scène est réussie, mais le prologue se conclut trop vite. Il ne pose pas suffisamment de fil narratif pour accrocher durablement. Les premières missions se répètent et le sentiment de progression manque de relief.
Le mode entraînement propose des exercices clairs (jongles, frappes, passes) mais manque d’incitations : pas de classements, pas d’épreuves chronométrées, pas d’objectifs modulaires. On enchaîne les mêmes routines sans enjeu réel. Pour que le solo devienne une vraie expérience, quelques pistes :

Ces éléments permettraient d’alterner phases d’initiation et challenges chronophages, et d’offrir une courbe d’apprentissage plus gratifiante avant de plonger dans le multijoueur.
En ligne, Rematch révèle tout son potentiel. Que ce soit en 3v3 ou en 5v5, la coordination entre joueurs produit des actions spectaculaires : passes millimétrées, couvertures intelligentes et transitions fulgurantes. Le format favorise l’improvisation, les plays de génie et les retournements de situation qui donnent envie de relancer une partie immédiatement.
Pourtant, l’expérience est ponctuée de lags, freeze‑frames et désynchronisations qui brisent le rythme. Ici, quelques mots techniques : le « netcode » désigne l’ensemble des mécanismes permettant de synchroniser les joueurs en ligne. Il existe plusieurs approches ; le rollback est une méthode qui permet d’anticiper et corriger localement certaines latences pour une sensation plus fluide. À l’heure actuelle, Rematch semble souffrir d’un modèle prédictif moins tolérant aux fluctuations de ping. Un passage à un système de netcode rollback, ou au moins une optimisation réseau serveur, réduirait fortement ces interruptions.
En pratique, on a vécu des moments où une passe semblait parfaite côté client mais était « mangée » côté adversaire, ou des sauts de latence qui transformaient une action offensive maîtrisée en perte de contrôle. Ces incidents ne sont pas rédhibitoires, mais répétitifs si vous jouez souvent en ligne.

Visuellement, Rematch mise sur un rendu « peint à la main » qui lui confère une identité forte. Les arènes holographiques, baignées de néons, tags et mobilier urbain, créent une atmosphère unique pour chaque terrain. C’est ce travail d’esthétique qui transforme chaque match en petite performance visuelle.
Le sound design est une autre réussite : alternance de silences pesants avant une frappe, percussions qui soulignent les sprints, et une bande‑son électro‑rap bien choisie participent à l’immersion. Ces choix sonores renforcent le tempo du jeu et accentuent les moments d’adrénaline. En somme, Rematch sait comment se vendre visuellement et auditivement — il reste à faire en sorte que le ressenti technique soit à la hauteur.
Si on résume les points qui gâchent parfois l’expérience :
Autres suggestions techniques utiles : agrandir légèrement les fenêtres d’invincibilité après certaines animations pour éviter des interruptions non désirées, et proposer plus d’options d’affichage (mini‑map, indications de pressing) pour les joueurs qui veulent plus d’informations en match.
La boutique intégrée met en avant skins, passes de saison et cosmétiques via des pop‑ups fréquents. Si le modèle économique est courant dans les jeux d’arcade contemporains, l’équilibre entre contenu gratuit et payant doit être soigné pour ne pas aliéner les nouveaux joueurs. Quelques pistes pour améliorer l’expérience :

Ces ajustements renforceraient la rétention sans compromettre la monétisation.
Rematch a posé des bases solides : gameplay nerveux, direction artistique marquée et potentiel compétitif évident. Pour que le jeu devienne une référence de l’arcade‑foot, voici quelques priorités qui semblent logiques et réalisables :
Si Sloclap s’attaque à ces points, Rematch pourrait très vite grimper dans l’estime des joueurs et devenir un incontournable des soirées en ligne et des tournois informels.
Rematch est un titre qui séduit par son énergie et son style : il offre des sensations de jeu immédiates et une identité visuelle forte. Néanmoins, des problèmes techniques persistants et un contenu solo perfectible empêchent le jeu d’atteindre son plein potentiel. Avec des correctifs ciblés et un enrichissement du contenu hors ligne, Rematch a toutes les cartes en main pour devenir une vraie référence de l’arcade‑foot.
Note finale : 7/10 — Sloclap a posé une excellente base, il reste à peaufiner pour transformer l’essai.
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