Inky Blinky Bob : Monty Python lovecraftien en ballon

Inky Blinky Bob : Monty Python lovecraftien en ballon

Damien·20/05/2026·10 min de lecture

TL;DR – Le résumé avant d’entrer dans la brume

  • Le meilleur : pilotage du ballon à air chaud, boss fights aériens contre Bob, progression par améliorations, ambiance horreur/absurde.
  • Le point faible : le combat au sol manque encore de souplesse (esquive/parade absentes) et peut vite frustrer.
  • En clair : si vous aimez les indés qui prennent des risques, Inky Blinky Bob vise juste… en attendant un polissage du corps à corps.

Introduction : quand Monty Python rencontre Lovecraft

Je vais être franc : j’ai acheté Inky Blinky Bob sur Steam dès son lancement le 20 mars 2026, attiré par son pitch complètement déjanté. Le CEO d’Eldelic Games, Miroslav Ilić, le résume à sa façon : “Monty Python, crash-landé dans une fièvre lovecraftienne” — autrement dit, l’absurde qui s’écrase dans une fièvre lovecraftienne. Et c’est exactement ce qu’on ressent en pilotant un ballon à air chaud armé jusqu’aux dents pour affronter un poulpe mutant géant sur un archipel rongé par des expériences biotech foireuses. Disponible à 12,74 $ (15 % de réduction jusqu’au 27 mars), ce premier titre indie propose un mélange d’exploration, de progression par améliorations et de boss fights aériens, relevé par un humour noir et un ton absurde.

Au passage, si vous aviez suivi le feuilleton avant la sortie : une démo était disponible dès le 20 février 2026, histoire de tester les sensations de pilotage et le découpage des îles. Moi, j’ai préféré entrer directement “en plein cauchemar”.

J’ai passé plus de 9 heures (PC, configuration milieu de gamme, Windows 10, AMD Ryzen 5, GTX 1660) à activer toutes les Tours Tesla, à ratisser les quêtes secondaires et à affronter Bob encore et encore. Pour ceux qui ne voient pas trop : les “Tours Tesla” sont des structures d’énergie, pensées comme des points d’interaction au service du décor et de la progression (et pas juste des décorations qui brillent). Spoiler : ce n’est pas qu’un délire de mème ; il y a vraiment un vrai jeu sous les blagues. Et quand ça marche, ça décoiffe. Mais oui, tout n’est pas parfait, notamment le combat au sol.

Premières heures : dompter le ballon à air chaud

Dès le tutoriel, tu incarnes un détective envoyé par Quantum Corp, la multinationale biotech responsable de la catastrophe génétique qui a transformé l’archipel en zoo mutant à ciel ouvert. Ta mission ? Activer des Tours Tesla disséminées sur plusieurs îles pour ouvrir l’accès à un laboratoire secret sous un volcan. Dit comme ça, ça sonne comme un prétexte. Pourtant, le gameplay fait mouche.

La boucle est simple et étonnamment addictive : tu décolles depuis une zone sûre, tu survoles l’île, tu repères un point d’atterrissage, tu poses le panier, puis tu explores à pied pour récupérer de la ferraille, des tissus, des engrenages et des plaques de métal. De retour à la base, tu investis ces ressources dans des améliorations (autrement dit : des upgrades de ton équipement et de tes armes), par exemple :

  • la vitesse et la poussée du brûleur ;
  • le blindage du ballon et du panier ;
  • la puissance, le refroidissement et le recul des armes montées.

Le pilotage est étonnamment plaisant : deux touches gèrent l’altitude, deux autres la poussée. L’inertie rappelle que tu pilotes un gros sac de toile rempli d’air chaud, pas un hélicoptère. La première fois que j’ai failli raser la cime des pins en oubliant de chauffer, j’ai compris que l’environnement n’était pas un simple décor. Le voyage rapide aurait suffi, mais Eldelic Games préfère nous faire vivre chaque décollage, chaque atterrissage… et c’est là que Inky Blinky Bob prend vraiment vie.

Les boss fights aériens : Bob, cauchemar gélatineux

Au bout de deux heures, j’ai réalisé que le vrai protagoniste est le globo — et son pire ennemi. Inky Blinky Bob, c’est un poulpe muté gigantesque. Bob ne patrouille pas gentiment : il surgit dans le ciel, hurle, te fonce dessus avec ses tentacules et projette de la bave toxique. Son premier apparât m’a fait paniquer : j’ai coupé le brûleur et je me suis écrasé. Game over instantané, mais franchement : quelle meilleure introduction à une menace que de te punir immédiatement quand tu joues la sécurité ?

Screenshot from Inky Blinky Bob
Screenshot from Inky Blinky Bob

Les affrontements sont rythmés et exigent de l’attention :

  • viser les yeux pour désorienter Bob ;
  • armer ses “côtes” chitineuses pour exposer son cœur ;
  • gérer la surchauffe des armes, ton altitude et la trajectoire des tentacules.

Ensuite, tu débloques d’autres options de tir, histoire de varier les angles et les rythmes : plus tu progresses, plus les duels deviennent une chorégraphie. Lors du troisième gros duel, un moment de relance du refroidissement dans mon globo (en gros : le moment où tu relances le refroidissement pour éviter la surchauffe) et un blindage amélioré m’ont permis de prendre de la hauteur. Puis j’ai joué le “au-dessus, puis dedans” : plonger au-dessus de son dôme, vider ma mitrailleuse sur un œil, switcher sur un fusil à pompe pour casser une côte et remonter en urgence. Quand son cœur a explosé dans un jet de viscères violets, j’ai lâché un vrai “ouf” en solo devant l’écran.

Chaque retour de Bob est plus violent : ses patterns (c’est-à-dire ses séquences d’attaques et sa façon d’enchaîner les mouvements) se complexifient, et le jeu parvient à maintenir une tension constante. La comparaison avec Choo-Choo Charles prend tout son sens, mais ici, la verticalité et l’inertie du globo ajoutent une dimension unique : ce n’est pas seulement “dodge et DPS”, c’est “survivre en naviguant dans un espace en trois dimensions”.

Quêtes secondaires : peur et humour noir

Entre deux terribles duels, le jeu délasse avec des missions secondaires bien écrites et souvent hilarantes. Le ton oscille entre horreur de série B et parodie consciente, à la manière des jeux qui assument leur côté absurde (et qui savent qu’ils jouent avec le feu). Par exemple :

  • Farmer Jenkins te demande de “voir ce qui gratte sous la grange” : un monstre gluand t’oneshot jusqu’à ce que tu l’attires sous une poutre branlante pour la faire tomber.
  • Vincent, un marin, t’incite à sauver des collègues prisonniers d’une épave inondée, à coup de zombies liquéfiés et de canaux étroits.
  • Ralph l’inventeur installe un talkie-walkie dans ton pantalon pendant ton sommeil : le dialogue gêne, le doublage assume le décalage… et j’ai éclaté de rire.
  • La “Dame en blanc” dans un champ de blé : un labyrinthe végétal sans armes, juste le son de ses pas et ta respiration. J’y suis mort plusieurs fois avant de mémoriser ses enchaînements.

Ces instants rappellent que, derrière la folie du pitch “poulpe mutant + globo”, Eldelic Games a construit un univers cohérent où l’horreur et l’absurde se nourrissent mutuellement. Les notes dispersées dans les mines et les laboratoires complètent un lore plus dense qu’on ne l’imagine au premier coup d’œil. Et surtout : on sent qu’ils ne font pas semblant d’y croire — ce qui, dans ce genre de mélange, vaut autant que le gameplay.

Screenshot from Inky Blinky Bob
Screenshot from Inky Blinky Bob
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Combats au sol : le gros point faible

Hélas, dès que tu quittes ton ballon, le bât blesse. Tes armes : une hache et un fusil (puis un fusil à pompe). Pas d’esquive, pas de parade, pas de garde. Contre les zombies lents, ça passe. Mais face aux mutants rapides ou aux soldats dopés de Quantum Corp, tu te retrouves à spamer la hache ou à tirer jusqu’à épuiser tes munitions, en reculant en ligne droite avant de courir en rond — ce qui marche… jusqu’à ce que le rythme ne pardonne plus.

La hache manque de “poids” : les impacts flottent, les ennemis ne subissent pas toujours le coup, et la fenêtre d’attaque est souvent trop courte. Après avoir optimisé mes manœuvres aériennes pour esquiver Bob comme un pro, me faire grignoter par trois mutants mous frustre. Le fusil à pompe aide un peu grâce à son rythme plus punitif, mais dès que les cartouches manquent, on retombe sur le gameplay le plus rigide du jeu.

Pourtant, l’exploration et le level design au sol fonctionnent plutôt bien. Il y a des sections de furtivité, des ambiances glauques, des huis clos dans des laboratoires… Tout est là pour offrir des moments efficaces. Il manque juste une esquive basique, un blocage timing et un meilleur feedback visuel et sonore pour que ces séquences soient à la hauteur des combats aériens.

Direction artistique et technique

Graphiquement, Inky Blinky Bob mise sur un style saturé et décalé : couchers de soleil oranges, ciels violets, brumes verdâtres. L’archipel ressemble à une carte postale toxique où la menace organique tranche avec la douceur des couleurs. Bob lui-même est une réussite visuelle : un amas de chair gonflée façon ballon, avec un cœur apparent, des côtes qui craquent et des yeux luminescents dans la nuit. Autrement dit : même quand tu as peur, tu regardes encore.

Techniquement, j’ai tourné sans crash ni bugs bloquants sur mon PC milieu de gamme. Quelques collisions et petits lags à l’atterrissage, mais rien de rédhibitoire. Le sound design assure : rugissements de Bob, crépitement du brûleur, “plop” dégueu des mutants explosés. La musique reste discrète — parfois un peu trop — mais elle colle à l’ambiance “seul au milieu de nulle part”.

Screenshot from Inky Blinky Bob
Screenshot from Inky Blinky Bob

Pour qui est-ce ?

Inky Blinky Bob s’adresse à :

  • Ceux qui ont aimé Choo-Choo Charles et veulent une variante aérienne ;
  • Les amateurs d’horreur indé à l’identité visuelle marquée et à l’humour noir ;
  • Les joueurs cherchant une progression basée sur l’amélioration d’un véhicule atypique ;
  • Les curieux de récits biotech glauques pimentés de missions absurdes.

En revanche, si tu attends un système de combat au sol nerveux, avec roulades, combos et parades, tu risques de pester contre la rigidité du gameplay hors ballon. Le jeu te “convainc” surtout quand tu montes dans le ciel — et c’est là, soyons honnêtes, que son cœur bat le plus fort.

Inky Blinky Bob : Monty Python lovecraftien en ballon

Inky Blinky Bob : Monty Python lovecraftien en ballon

un premier vol réussi, mais perfectible

Inky Blinky Bob est un premier jeu surprenant, où le pilotage du ballon, les boss fights aériens et l’univers déjanté font la différence. L’exploration et les quêtes secondaires offrent un bon équilibre entre tension et humour noir. Seule la partie au sol freine un peu l’expérience : tant de potentiel, juste pas encore assez de fluidité pour faire oublier la frustration.

Note personnelle : 8/10 – Un globo armé passionnant, un poulpe géant mémorable, mais un combat à pied à muscler.

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Damien
Publié le 20/05/2026