
La première fois que j’ai lancé Super Mario Bros. Wonder sur ma Switch 2, j’ai eu un petit moment de vertige temporel. Même écran titre, même musique, même promesse de graines prodiges et de fleurs qui commentent tout ce qu’on fait… mais sur ma télé 4K, l’image était tellement nette que j’ai eu l’impression de revoir un vieux souvenir en HD. Et au bout de dix minutes, j’étais à nouveau en train de me disputer une carapace avec un pote sur le canapé, comme en 2023.
Depuis sa sortie, Wonder est clairement devenu le jeu “on lance une petite partie et on voit” chez moi. La version Nintendo Switch 2 Edition et l’extension Vamos ao Parque Belabel n’ont pas changé ça : elles ont surtout rallumé la flamme à la maison. Après une bonne grosse semaine à alterner entre les niveaux classiques, les mini-jeux du parc et quelques sessions en ligne, j’ai une impression assez claire : Nintendo a trouvé un très bon moyen de prolonger la fête… mais ce n’est pas exactement le contenu que j’espérais le plus.
Pour situer un peu : j’avais terminé Super Mario Bros. Wonder à 100% sur Switch “classique”, sur une Switch OLED surtout en mode docké, avec une bonne partie du jeu faite en coop locale à 2 et 3 joueurs. En 2026, y revenir sur Switch 2, c’est presque comme ressortir une vieille console, sauf que tout est plus fluide et plus propre.
Le level design m’a à nouveau frappé en pleine tête. Les mondes s’enchaînent toujours avec la même précision chirurgicale : chaque bloc semble posé pour une raison, chaque ennemi a une petite chorégraphie qui fait sens. Le créateur d’Ori résumait ça parfaitement en disant : « C’est tellement bon de voir un level design de ce calibre dans un jeu. Presque tous les niveaux sont composés à la perfection, chaque métrique est parfaite. C’est le meilleur Mario 2D jamais créé. » Deux ans plus tard, je n’ai toujours pas trouvé une meilleure manière de le formuler.
Et ce qui me surprend, c’est à quel point Wonder reste frais. Les Fleurs prodiges qui font littéralement péter un câble aux niveaux, ces badges qui transforment ta façon de jouer, les transformations en éléphant ou en foreuse… même en connaissant les surprises, j’ai retrouvé ce petit sourire idiot dès qu’un niveau part en vrille. C’est important pour comprendre l’angle du test : le socle est toujours une tuerie. La Switch 2 Edition et Belabel ne réparent pas un jeu bancal, elles ajoutent des couches de crème sur un gâteau déjà monstrueux.
Côté technique, je jouais sur un téléviseur 4K avec la Switch 2 dockée, et en alternance sur l’écran portable. Le framerate reste fixé à 60 fps, même en coop à quatre, y compris dans les mini-jeux les plus chaotiques du parc. Ça, c’est vraiment la base pour un Mario 2D, et Wonder ne bronche pas.
La différence par rapport à la Switch de 2023 n’est pas un gouffre, mais elle se sent tout de suite : image plus nette, aliasing quasiment disparu, contours des personnages plus propres, et surtout, des décors du Royaume des Fleurs encore plus “plastique Nintendo” dans le bon sens du terme. Les dégradés du ciel, les petites animations des plantes et des plateformes ressortent beaucoup mieux sur grand écran.
Les temps de chargement aussi gagnent un coup de fouet. Sur Switch 2, j’ai à peine le temps de relire la description du niveau que c’est déjà lancé. Quand on enchaîne les mini-jeux de Belabel ou des gincanas de niveaux, ça fluidifie vraiment la soirée : moins de blancs, plus de hurlements de joie (ou de rage) dans le salon.
En portable, la différence est plus subtile, mais l’image reste plus stable, notamment en multi local à 3 ou 4. Sur ma vieille Switch, on sentait parfois une petite mollesse dans la réactivité avec beaucoup d’effets à l’écran. Ici, même quand tout le monde spamme ses sauts et que l’écran se remplit de pièces, le jeu reste d’une propreté exemplaire.
Le gros morceau de cette édition, c’est évidemment le Vamos ao Parque Belabel. Concrètement, après avoir passé la première zone du jeu (ou chargé une sauvegarde où c’est déjà fait), une nouvelle zone s’ouvre sur la carte : une sorte de parc d’attraction dédié aux mini-jeux, recyclant intelligemment les mécaniques du jeu de base.

Je m’attendais à quelques défis anecdotiques. En pratique, on est plutôt sur un mini Mario Party basé sur Wonder, mais sans les plateaux de jeu : une grosse poignée d’activités, regroupées en trois grandes zones, avec une difficulté qui monte progressivement. Le parc s’organise en :
La philosophie, c’est clairement : “Tu connais déjà les règles de Mario Wonder ? Très bien, on va te les faire détourner dans tous les sens.” Et ça marche étonnamment bien.
C’est sur la place multijoueur local que j’ai passé le plus de temps. On y a joué à quatre, avec deux joueurs plutôt à l’aise, un enfant et une personne qui joue très rarement. L’équilibrage m’a bluffé : même les plus “casual” trouvaient vite quelque chose à faire, même si ce n’était pas toujours volontairement efficace.
Quelques attractions se sont imposées comme des classiques instantanés :
Ce qui m’a marqué, c’est à quel point ces mini-jeux exploitent bien les sensations du gameplay de Wonder. On n’est pas sur de simples “appuie sur A au bon moment”, mais bien sur des variations des mécaniques de plateformes : gestion de l’inertie, prise de risques pour gratter quelques pièces en plus, utilisation des transformations… On sent qu’ils n’ont pas juste collé un mode party-game à la va-vite.
On a aligné des sessions de plus de deux heures sans voir le temps passer, en relançant “une dernière gincana” encore et encore. C’est l’endroit où ce DLC justifie le plus son existence : si vous avez régulièrement des soirées canapé à plusieurs, le parc Belabel devient presque un jeu à part entière dans le jeu.
Les salles de jeu, c’est un peu la face cachée du parc. On y trouve six attractions jouables jusqu’à 12 joueurs, mais uniquement en ligne. Pas de possibilité de les lancer en local, même à 4 sur la même console. Et franchement, c’est dommage.
J’ai testé ces salles avec des amis via la Switch 2 (et une vieille Switch classique dans le lot), chacun chez soi. La connexion est restée stable, les parties se lançaient rapidement, et la dynamique à 8-10 joueurs déborde de chaos dans le bon sens. Certaines de ces attractions sont parmi les meilleures du parc : des courses effrénées, des chasses aux pièces avec renversements de situation permanents… On sent vraiment le potentiel compétitif.

Mais savoir qu’on ne peut pas ressortir ces mini-jeux-là en soirée salon m’a laissé une certaine frustration. On a fini par retourner majoritairement sur la place locale, alors que deux ou trois attractions des salles de jeu auraient fait un malheur sur le canapé. Ça ressemble un peu à un choix de design incompréhensible en 2026.
Si vous avez l’abonnement en ligne actif et un petit groupe de joueurs motivés, les salles de jeu apportent une vraie plus-value. Si vous jouez surtout en local, vous aurez la sensation qu’une partie du buffet est derrière une vitre en plexiglas, juste hors de portée.
Autre ajout de cette édition : la possibilité de jouer les niveaux de base avec Rosalina et Luma, dans un rôle d’assistants pour les joueurs moins à l’aise. J’ai testé ça avec quelqu’un qui galérait vraiment sur certains mondes lors de la sortie originale, et c’est exactement le genre de petit coup de pouce que j’aurais aimé avoir à l’époque.
Luma sert un peu de roue stabilisatrice : on a plus de marge d’erreur, certains passages deviennent moins punitifs, et le simple fait de pouvoir incarner Rosalina, personnage adoré par une partie du public, donne envie de s’y remettre. C’est une aide qui ne hurle pas “mode facile” en gros sur l’écran, et qui permet à des joueurs moins confiants de suivre le rythme sans casser le plaisir des autres.
Ce n’est pas la fonctionnalité qui m’a le plus occupé, parce que le cœur de mon retour sur le jeu, c’était clairement Belabel. Mais pour les familles et les couples où un joueur est beaucoup moins expérimenté que l’autre, c’est une addition très bienvenue dans la boîte à outils d’accessibilité de Wonder.
Malgré tout l’amour que j’ai pour ce DLC, il y a un point sur lequel je n’arrive pas à ne pas être un peu gourmand : j’aurais adoré que cette relance sur Switch 2 s’accompagne de véritables nouveaux mondes ou d’un gros pack de niveaux pour le jeu principal.
En rejouant les niveaux de base sur Switch 2, avec Rosalina ou pas, le constat est un peu cruel : ils sont toujours incroyables. Tellement incroyables que les voir défiler à nouveau m’a donné envie d’en découvrir de nouveaux plutôt que de seulement les retourner dans tous les sens via des mini-jeux. Les gincanas, les défis de camping dans des niveaux existants… c’est malin, mais ça reste une relecture de choses déjà vues.
Je sais bien que ça revient à râler avec un festin devant soi, mais difficile de ne pas imaginer ce qu’aurait été un “Monde 9 : Belabel” complet, avec ses propres graines prodiges, ses propres mécaniques, dans la veine des idées de fin de jeu de Wonder. Là, on est sur une extension très généreuse en contenu jouable, surtout pour le multi, mais assez timide en termes de nouvelles aventures pour ceux qui adorent simplement se promener dans des niveaux inédits en solo.

À mes yeux, c’est vraiment le seul gros regret : la créativité et la folie de Wonder mériteraient encore quelques dizaines de niveaux supplémentaires. Peut-être que Nintendo garde ça pour plus tard, mais en l’état, cette édition Switch 2 est davantage une célébration et un prolongement qu’un nouveau chapitre.
Après une bonne dizaine d’heures passées spécifiquement sur le Parc Belabel (sans compter le retour sur l’aventure principale), j’en suis arrivé à une conclusion assez simple :
Perso, dans mon cas (beaucoup de coop canapé, quelques sessions en ligne, et un amour inconditionnel pour les bons jeux de plateformes), le rapport plaisir/temps passé est excellent. On a ressorti Wonder trois soirs d’affilée, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.

Super Mario Bros. Wonder – Nintendo Switch 2 Edition + Vamos ao Parque Belabel, c’est un peu la version “anniversaire” d’un classique moderne. Le jeu de base n’a pas pris une ride : toujours ce level design au cordeau, cette fantaisie visuelle qui ne tombe jamais dans le kitsch, cette manière incroyable de parler à la fois aux enfants et aux joueurs qui ont grandi avec la Super Nintendo.
La Switch 2 lui donne une présentation plus nette, plus solide, plus confortable. Le Parc Belabel, lui, transforme cette base en gigantesque terrain de jeu multijoueur, où chaque mécanique de Mario Wonder devient prétexte à un défi, un pari débile ou une coopération bancale mais hilarante. En famille ou entre amis, c’est redoutablement efficace.
Il manque seulement cette cerise sur le gâteau qu’auraient été de nouveaux mondes complets pour l’aventure de base. Le DLC qu’on a est excellent dans ce qu’il vise : prolonger la durée de vie par la fête et le multi. On sent juste que l’univers de Wonder aurait pu supporter bien plus encore.
En l’état, si je dois poser une note sur l’ensemble Wonder + Switch 2 Edition + Parc Belabel, je reste très haut : 9/10. Un des meilleurs jeux de la console devient l’un des meilleurs jeux de la nouvelle console, avec un parc d’attractions en bonus. Difficile d’en demander beaucoup plus… même si, secrètement, j’attends toujours ces fameux nouveaux niveaux.
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