Test de Planet of Lana II – Une suite courte, somptueuse et plus futée que jamais

Test de Planet of Lana II – Une suite courte, somptueuse et plus futée que jamais

Retour sur Novo : mes premières heures sur Planet of Lana II

Je suis arrivé dans Planet of Lana II avec le souvenir encore frais du premier épisode : un petit jeu calme en apparence, mais tendu comme un arc, qui mélangeait infiltration, puzzles et quelques séquences un peu stressantes avec des QTE. Je l’avais fini d’une traite sur une soirée, encore accroché à la relation entre Lana et Mui et aux robots envahisseurs pas si “envahisseurs” que ça.

Pour ce deuxième volet, j’y ai joué principalement sur Switch 2 en mode docké, avec quelques passages sur Switch “classique” pour tester. En gros, j’ai bouclé l’aventure en un peu plus de cinq heures, en prenant mon temps sur certains puzzles et en mourant bêtement une bonne poignée de fois parce que j’avais mal compris une hitbox ou un couvert. Et c’est un peu ça Planet of Lana II : un jeu court, ultra léché visuellement, assez posé, mais qui demande de vraiment observer et apprivoiser ses règles.

Ce n’est pas une suite qui veut tout changer. On est clairement sur un “2.0” du premier : même ADN puzzle-aventure en défilement horizontal, même duo Lana/Mui au centre, mais avec plus de finesse, quelques nouveaux mouvements, et une mise en scène encore plus travaillée. Et franchement, ça fonctionne.

Histoire : un faux standalone qui tape plus fort si tu as fait le premier

Avertissement spoilers du premier Planet of Lana dans ce paragraphe et le suivant.

Officiellement, Planet of Lana II est présenté comme un jeu jouable sans avoir fait le premier. Et c’est vrai dans les faits : le jeu commence par un récap assez complet des événements précédents. Sauf que, honnêtement, après avoir vu ce résumé et repensé à ma propre partie du premier, je trouve qu’on y perd quand même pas mal en impact émotionnel si on découvre l’univers comme ça.

Ce que le résumé raconte en deux minutes, le premier jeu te le faisait vivre : la course désespérée, les enlèvements, puis la révélation que ces fameux robots venus du ciel ne sont pas des “envahisseurs” classiques, mais des machines qui suivent à la lettre leur programmation d’origine, liée au vaisseau-colonie dont les habitants de Novo descendent. Quand on a vécu ça manette en main, voir Lana débuter ce second épisode avec tous ces souvenirs et ce poids sur les épaules, ça résonne autrement.

Dans Planet of Lana II, on retrouve donc un monde où humains et robots cohabitent désormais, en profitant de cette technologie tombée du ciel. Comme souvent, certains l’utilisent à bon escient, d’autres un peu moins, ce qui crée des tensions et des dérives. Lana, elle, est obsédée par l’idée de comprendre d’où vient vraiment son peuple et ce qui s’est passé sur ces vaisseaux. S’ajoute à ça un moteur plus intime : la nécessité de trouver un remède pour un enfant malade, qui sert de fil rouge émotionnel à son voyage.

Le studio reste fidèle à une narration très visuelle, quasi muette. Il existe bien une langue fictive, avec parfois quelques sous-titres pour cadrer un moment clé, mais la plupart du temps, tout passe par les regards, les animations, les décors. Au bout de deux chapitres, je me suis surpris à “lire” des intentions entières dans un simple mouvement de tête de Lana ou de Mui. Cette économie de dialogues fonctionne mieux que jamais, notamment parce que le jeu maîtrise parfaitement la mise en scène de l’environnement.

Et, sans rien spoiler, la fin se termine sur un joli cliffhanger. Ce n’est pas une coupure brutale façon “on vous vendra le reste plus tard”, plutôt un dernier plan qui élargit encore l’univers et laisse clairement la porte ouverte à un troisième épisode. Quand l’écran noir est tombé, j’ai eu ce petit mélange de frustration et d’excitation qui, en général, veut dire que la suite, je la prendrai day one.

Une aventure de cinq heures : court, mais très maîtrisé

Sur ma partie, j’ai mis un peu plus de cinq heures pour voir le générique, sans rusher, en prenant le temps de tâtonner sur certaines énigmes et de refaire quelques passages d’infiltration ratés. Si on cherche un gros jeu de 20 ou 30 heures, ce n’est clairement pas ici qu’il faut venir. Planet of Lana II assume totalement son format compact.

Ce qui m’a plu, c’est que ce format court est mis au service d’un rythme très propre. Le jeu est découpé en chapitres qui ont chacun une identité visuelle et mécanique. Les trois premiers font un peu office de montée en puissance : découverte des nouvelles zones, prise en main des ajouts de gameplay, rappels discrets des règles du premier. C’est aussi là que j’ai passé le plus de temps à “me battre” avec certaines hitbox ou éléments de décor, avant de vraiment comprendre la logique du jeu.

Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf
Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf

À partir du milieu (chapitres 4-5), les puzzles prennent de l’ampleur et combinent plus de systèmes à la fois : gestion de Mui, machines à contrôler, timing avec les robots… Ce n’est jamais infernal, mais on sent clairement que le jeu cesse de nous prendre par la main. Et quand on arrive vers le chapitre 7, là j’ai enfin eu cette sensation de “ok, maintenant il me fait confiance, à moi de me débrouiller”.

Je ne me suis quasiment jamais ennuyé. Il n’y a pas vraiment de gras, pas de zones recyclées pour remplir. En contrepartie, on perd un peu cette impression de grand voyage géographique que pouvait donner le premier, plus “road movie” dans sa structure. Ici, tout est plus concentré, plus ramassé autour de quelques lieux clés, ce qui colle bien au côté “suite qui creuse plus en profondeur le même monde”.

Puzzles & infiltration : la même base, avec de nouveaux jouets

Sur le plan purement ludique, si tu as fait Planet of Lana, tu seras en terrain très familier. On reste sur un mélange de :

  • puzzles environnementaux (boîtes à déplacer, leviers, plateformes, timing) ;
  • séquences d’infiltration où l’on doit éviter cônes de vision, projecteurs et patrouilles de robots ;
  • coopération avec Mui pour activer des mécanismes, attirer des créatures, ou franchir des zones inaccessibles à Lana.

La grosse différence se joue dans le détail des mouvements et des interactions. Lana peut désormais faire des sauts muraux (wall-jump) et une glissade au sol. Sur le papier, ça ne transforme pas le jeu en platformer nerveux à la Celeste, mais ça ouvre pas mal de petites situations intelligentes : se glisser sous un faisceau de lumière à la dernière seconde, chaîner un saut puis un wall-jump pour atteindre une corniche, s’abriter derrière une caisse en urgence après une glissade…

J’ai vraiment eu un déclic vers la fin du chapitre 2. Avant ça, je jouais Lana comme dans le premier : course, saut, grimpe. Je mourais souvent pour des broutilles, en ne pensant jamais à la glissade ou au mur comme possibilité. Dès que j’ai intégré ces mouvements à mon “vocabulaire”, les niveaux se sont mis à avoir un sens différent, presque comme si le jeu me disait “Tu pensais me connaître ? Regarde mieux.”

Côté puzzles plus complexes, on retrouve aussi la gestion de robots par le biais de consoles et de signaux. Certains passages demandent de “programmer” une machine en jouant avec ses comportements, pendant que Mui se faufile, voire que Lana reste en retrait. Ce qui est appréciable, c’est que les “boss” potentiels sont traités comme des puzzles, jamais comme de vrais combats. Lana n’attaque pas ; elle contourne, désactive, trompe, attire. Ça donne une saveur très particulière aux affrontements, plus cérébrale que réflexe.

Mui en vedette : segments jouables et lien renforcé

Mui n’est plus seulement la petite boule de poils trop mignonne qui te suit partout. Planet of Lana II lui réserve des segments dédiés, les séquences “Le voyage de Mui”, où l’on prend directement le contrôle du compagnon.

Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf
Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf

Ces passages sont plus courts, mais ils m’ont marqué. On y voit le monde sous un angle différent, plus vulnérable encore que quand on est Lana. Mui ne peut pas tout faire, mais il est agile et peut accéder à des espaces où un humain n’aurait aucune chance. Narrativement, ces interludes ajoutent une couche d’empathie : on n’est plus simplement en train de “donner des ordres à un animal”, on incarne vraiment l’autre moitié du duo.

En gameplay, ces moments permettent aussi quelques puzzles plus “purs”, centrés sur le déplacement, la discrétion et la compréhension des réactions des autres créatures. Ils sont suffisamment rares pour rester spéciaux à chaque apparition, sans casser le rythme de l’aventure principale.

Direction artistique : encore plus beau que le premier, surtout sur Switch 2

Je trouvais déjà le premier Planet of Lana somptueux. Ce deuxième épisode pousse tous les curseurs artistiques un cran plus loin. On reste sur un style “peinture numérique” avec des arrière-plans très travaillés et des palettes de couleurs qui évoluent en fonction des lieux et des moments de la journée. Mais ici, la lumière et les effets atmosphériques sont vraiment au centre du tableau.

Sur Switch 2 en docké, les jeux de lumière dans les forêts, les reflets métalliques sur les carcasses de robots, les halos de poussière en contre-jour… tout ressort avec une netteté et une finesse qui flattent l’œil. Même quand on repasse par des environnements déjà “vus” dans le premier, ils semblent plus vivants, plus profonds. L’équipe a visiblement retravaillé les assets plutôt que de juste copier-coller.

Côté performances, sur ma partie, je n’ai pas rencontré de gros pépins : pas de chutes de framerate flagrantes, pas de bugs bloquants. Il m’est arrivé une fois ou deux de voir des petites bizarreries physiques (un cadavre de robot qui tremblote, une corde qui se fige une fraction de seconde), mais rien qui casse l’immersion, plutôt le genre de micro-glitch dont on rigole en passant.

La bande-son accompagne très bien tout ça. L’orchestration se fait souvent discrète, presque en tapis sonore, avec des montées plus marquées lors des scènes clés. Comme la narration repose beaucoup sur le non-dit, la musique a un vrai rôle dans la charge émotionnelle de certaines séquences, sans en faire des tonnes.

Prise en main, hitbox et couverture : le chapitre 1 comme initiation obligatoire

Si je dois pointer un vrai point de friction dans mon expérience, c’est la courbe d’apprentissage des contrôles et des hitbox. Le jeu est globalement fluide, les animations sont belles, mais les premières heures m’ont demandé un ajustement plus poussée que prévu.

Il m’est arrivé plusieurs fois de mourir à cause d’un laser ou d’un cône de vision qui me semblait “ne pas toucher” Lana. En réalité, le jeu est assez strict sur la position exacte du personnage et sur ce qui est considéré comme couvert. La silhouette de Lana dépasse parfois un peu de la caisse derrière laquelle on se cache, et la machine ne laisse rien passer. Une fois que j’ai intégré ça, j’ai appris à sur-compenser légèrement mes déplacements pour être sûr d’être bien caché… mais j’ai pesté quelques fois avant d’en arriver là.

Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf
Screenshot from Planet of Lana II: Children of the Leaf

Le premier chapitre sert presque de sas de décompression pour apprivoiser cette logique. On y meurt peu, la marge d’erreur est plus grande, on teste les nouvelles capacités sans pression. À partir du moment où le jeu commence à être plus exigeant (vers le chapitre 5), si on a pris au sérieux cette phase de rodage, on est beaucoup plus à l’aise.

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois ce cap passé, la manette “disparaît”. En fin de partie, je gérais les séquences d’infiltration et les puzzles de plateforme de façon très naturelle, presque instinctive. Mais il faut accepter que le début soit un peu plus raide que ne le laisse penser la direction artistique toute douce.

Pour qui est Planet of Lana II ?

Après avoir bouclé le jeu, j’ai l’impression que Planet of Lana II vise un public assez précis :

  • Les fans du premier, clairement : le jeu est pensé comme une continuité émotionnelle et thématique. On peut le faire sans, mais on y gagne énormément à venir avec le bagage du 1.
  • Les amateurs de puzzle-aventures “cinématographiques”, à la Inside, Limbo ou Somerville, mais en plus lumineux et moins punitif.
  • Ceux qui aiment les jeux courts, denses, qu’on termine sur un week-end et qui restent en tête plus longtemps que leur durée de vie brute.

En revanche, si tu cherches :

  • un jeu d’action avec du combat, des pouvoirs, des boss à patterns complexes ;
  • un monde ouvert où explorer pendant 30 heures ;
  • ou un platformer super technique façon “die and retry”,

tu risques de trouver Planet of Lana II trop sage ou trop court. Ce n’est pas son terrain de jeu, et il ne fait aucun effort pour prétendre le contraire.

Test de Planet of Lana II – Une suite courte, somptueuse et plus futée que jamais

Test de Planet of Lana II – Une suite courte, somptueuse et plus futée que jamais

une suite plus sûre d’elle, belle et méthodique

Après ces cinq heures en compagnie de Lana et Mui, mon sentiment est assez limpide : Planet of Lana II est une suite réussie, plus assurée et plus fine que le premier, sans trahir ce qui faisait le charme de la série.

La direction artistique est encore plus aboutie, l’univers gagne en profondeur grâce à la cohabitation avec les robots et au passé des colons qui se dévoile progressivement, les puzzles sont bien calibrés, et les nouvelles capacités de Lana apportent juste ce qu’il faut de fraîcheur sans transformer la nature du jeu. Les segments où l’on contrôle Mui sont la cerise sur le gâteau, à la fois touchants et ludiquement pertinents.

Je lui reproche surtout deux choses : une petite période d’adaptation un peu sèche au niveau des contrôles et des hitbox, et une durée de vie qui pourra paraître vraiment courte à ceux qui ne jurent que par le “rapport heures/prix”. Moi, le format compact ne me gêne pas du tout, mais c’est un point à avoir en tête avant d’acheter.

Pris pour ce qu’il est, à savoir un puzzle-aventure cinématographique de cinq heures, très soigné, avec une atmosphère unique et un cliffhanger qui donne clairement envie d’un troisième épisode, Planet of Lana II coche presque toutes les cases que j’attendais. Je ne sais pas où Wishfully compte mener cette histoire à terme, mais je suis définitivement partant pour le prochain voyage.

Note de Dam (Lan Di) : 8,5/10

D
Damien
Publié le 19/03/2026
13 min de lecture
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