Nintendo Switch 2 : une super console, mais un mauvais deal à 500 €

Nintendo Switch 2 : une super console, mais un mauvais deal à 500 €

Je devrais adorer la Nintendo Switch 2… mais quelque chose ne colle pas

Je suis exactement la cible que Nintendo vise depuis des décennies. J’ai grandi entre la Super Nintendo et la Mega Drive, j’ai pris des baffes émotionnelles avec Ocarina of Time, j’ai perdu des week-ends entiers sur Smash Melee, et la première Nintendo Switch a clairement été ma console la plus utilisée de la génération. Des centaines d’heures dans Breath of the Wild, des sessions de Mario Kart entre potes, Hades dans le lit à 2h du matin… bref, j’ai rentabilisé la machine jusqu’au dernier pixel.

Donc sur le papier, la Nintendo Switch 2 aurait dû être mon nouveau jouet indispensable. Hybride toujours, un écran LCD 7,9 pouces en Full HD capable de monter à 120 Hz, des promesses de nouveaux gros titres comme Donkey Kong Bananza, un lancement record avec plus de 3,5 millions de consoles vendues en quatre jours… Tout crie “tu vas craquer, tu le sais très bien”. Et pourtant, plus je regarde la console, plus je me dis que cette fois, Nintendo me prend un peu pour un portefeuille sur pattes.

Ma conclusion provisoire est simple : la Switch 2 est probablement une très bonne console, mais à 470-500 €, c’est un mauvais deal pour beaucoup de joueurs, surtout si vous avez déjà une Switch (surtout OLED) et une autre machine récente à côté.

Ce que la Switch 2 fait vraiment bien (et qu’il faut reconnaître)

Je ne vais pas faire semblant : il y a des choses sur cette Nintendo Switch 2 qui me parlent immédiatement.

D’abord, le concept hybride reste imbattable. Sony a lâché l’affaire avec la Vita, Microsoft n’a jamais vraiment essayé, et même un Steam Deck ou un ROG Ally ne remplacent pas le confort d’une machine pensée dès le départ pour basculer de la télé au canapé, puis au train, sans prise de tête. Sur ce point, Nintendo reste intouchable, et la Switch 2 continue de capitaliser là-dessus.

Ensuite, l’écran LCD 7,9 pouces Full HD 120 Hz. J’ai joué des années sur la Switch de base, puis je suis passé à la Switch OLED. Ce simple changement d’écran a transformé mon usage. Oui, la console restait limitée techniquement, mais le confort visuel, les couleurs, les noirs… ça change la relation que tu as avec le jeu. Un Hades ou un Dead Cells sur OLED, ce n’est pas le même délire que sur le vieil écran grisâtre de la première version.

Alors une dalle plus grande, en 1080p, avec un rafraîchissement qui peut monter jusqu’à 120 Hz, je vois très bien ce que ça peut apporter. En tant que joueur de jeux de baston, je suis très sensible à la fluidité, à l’input lag, à la lisibilité des animations. Si certains jeux arrivent à profiter réellement du 120 Hz en portable, ce sera un vrai plus. Même en restant à 60 fps, l’overkill de la dalle peut améliorer la sensation de fluidité et la réactivité tactile.

Ajoutez à ça un hardware forcément plus costaud que celui de 2017, des chargements plus rapides, des résolutions moins honteuses en dock, et on obtient une machine qui, sur le plan purement utilisateur, a l’air agréable, cohérente et moderne. Je comprends totalement ceux qui disent : “Je veux la meilleure version possible de l’expérience Switch, j’upgrade sans réfléchir.” Surtout avec un Mario Kart World en pack pour 500 €, ce qui, vu le nombre d’heures qu’on passe sur un Mario Kart, peut être perçu comme un investissement à long terme.

Le problème, c’est que ça ressemble plus à une Switch 1.5 qu’à une vraie génération

Le souci, c’est qu’une fois l’excitation passée, la Switch 2 donne surtout l’impression d’un raffinement, pas d’une vraie rupture. On n’est pas sur un saut SNES → N64 ou Wii → Switch. On est plus dans une vibe PS4 → PS4 Pro : mieux, plus propre, plus fluide… mais fondamentalement, la même chose.

Le form factor est quasiment identique, le concept n’a pas bougé d’un iota, l’interface reste très proche, et même les jeux mis en avant au lancement donnent l’impression de tourner sur la première Switch en “mode boost”. C’est cool, mais à ce niveau de prix, je m’attendais à autre chose qu’un simple “tout pareil mais en plus joli”.

Et il y a un truc qui me gêne particulièrement : le retour au LCD alors qu’on venait tout juste de goûter à l’OLED. Oui, je sais très bien que cette dalle LCD permet d’aller chercher le 120 Hz, et probablement de réduire certains coûts. Techniquement, ça se défend. Mais en tant que joueur qui a passé des centaines d’heures sur la Switch OLED, repasser sur du LCD, même très bon, ça ressemble quand même à un demi-pas en arrière pour un pas en avant.

Et pour l’instant, on n’a pas encore cette sensation de “nouvelle génération Nintendo” qui te retourne le cerveau, comme l’ont fait la DS et ses deux écrans, la Wii et sa détection de mouvement, ou même la première Switch avec son concept hybride à une époque où ça paraissait dingue. Là, on a le sentiment d’une entreprise qui sécurise : même concept, plus joli, plus cher. Ça marche, la preuve avec les chiffres de vente, mais ça n’inspire pas.

Le véritable boss final : les 470-500 €

On peut tourner le truc dans tous les sens : le nœud du problème, c’est le prix. 470 € la console seule, 500 € avec un Mario Kart World, sans compter une carte microSD, une deuxième manette, éventuellement une housse… On parle très vite d’un ticket d’entrée proche des 600 € pour une famille qui veut s’équiper un minimum.

Et là, ça coince. Parce qu’à ce niveau de tarif, on flirte avec une PS5 ou une Xbox Series X en promo. Oui, je sais, ce n’est pas le même usage, ce ne sont pas les mêmes jeux, Nintendo ne joue pas la même course à la puissance, blablabla. Mais au bout du compte, pour beaucoup de joueurs, 500 €, c’est 500 €. C’est une seule grosse machine, pas deux. Et quand tu dois choisir, la question “qu’est-ce que j’ai pour mon argent, en 2024-2025 ?” devient brutale.

Sur le plan purement technique, la Switch 2 reste en dessous de ce qui se fait côté Sony et Microsoft, et à peine au niveau de certaines machines portables PC déjà en circulation. On paye donc plus cher pour une console moins puissante, mais avec du Nintendo dessus. C’est ça, le vrai business model : la taxe Mario/Zelda. Et à 300-350 €, j’encaissais cette taxe sans trop broncher. À 500 €, je commence à avoir du mal à avaler la pilule.

Je ne dis pas que ça n’a aucune logique – les coûts de production explosent, les composants ne tombent pas du ciel, et tout le monde augmente ses prix, de Xbox à PlayStation. Mais là, on commence à frôler le foutage de gueule pour une machine qui, soyons honnêtes, ne réinvente rien. C’est une superbe Switch “définitive”, pas une révolution.

“Mais elle se vend par palettes, t’exagères” : l’argument du record de ventes

On entend déjà le refrain : “Si elle ne valait pas le coup, elle ne se serait pas vendue à 3,5 millions d’exemplaires en quatre jours”. Oui, le lancement est monstrueux. Oui, c’est probablement un record historique pour une console. Mais utiliser ça comme preuve que le prix est justifié, c’est oublier comment fonctionne ce marché.

Les premiers millions de ventes, ce sont les early adopters, les fans qui auraient acheté la machine même à 600 €, les parents qui veulent “la nouvelle Nintendo” pour leurs gamins sans trop regarder la fiche technique, les collectionneurs, les gens qui ont revendu leur Switch en amont pour financer la suivante, etc. Ce n’est pas eux qui déterminent si, à long terme, la Switch 2 a un bon rapport qualité/prix. C’est le grand public qui arrive après, quand la hype est retombée, que les consoles concurrentes ont baissé, et que le catalogue s’est étoffé.

Et je ne vais pas me placer au-dessus de la mêlée : j’ai moi-même déjà nourri ce système. J’ai acheté la première Switch day one, j’ai toléré les Joy-Con drift, j’ai racheté une Pro Controller à un prix indécent, j’ai succombé à la Switch OLED alors que je savais très bien que la vraie “Switch 2” finirait par arriver. Nintendo a appris une chose : on paye. On râle après, mais on paye d’abord.

Cette fois, j’ai décidé de sortir de ce schéma. Pas parce que la Switch 2 est une mauvaise console, mais parce que le message qu’on envoie en validant sans broncher un prix à 500 € pour ce niveau d’évolution, c’est : “Allez-y, continuez. On prendra tout ce que vous sortirez.” Et là, pour moi, la ligne rouge commence à se dessiner.

Qui a vraiment intérêt à acheter la Switch 2 maintenant ?

Je ne suis pas en train de dire que personne ne devrait acheter cette console. Ce serait malhonnête. Pour certains profils, la Nintendo Switch 2 fait sens, même à ce prix délirant. Mais il faut être lucide sur à qui elle s’adresse vraiment aujourd’hui.

  • Si vous n’avez jamais eu de Switch et que vous voulez plonger dans l’écosystème Nintendo : là, oui, la Switch 2 devient l’option logique. Vous partez de zéro, vous aurez la meilleure version de la formule, avec un écran propre, des perfs correctes, et un futur catalogue qui, quoi qu’il arrive, va être blindé d’exclusivités incontournables.
  • Si vous jouez surtout en portable (trajets, voyages, lit, canap’, peu de TV) : l’écran 7,9 pouces en 1080p/120 Hz, c’est un argument concret. Le confort d’utilisation au quotidien justifie beaucoup de choses, et si vous passez 90 % de votre temps en mode portable, c’est plus simple d’amortir l’investissement.
  • Si votre première Switch est en fin de vie : batterie rincée, Joy-Con à l’agonie, dock cramé… Plutôt que de tout racheter pièce par pièce, sauter sur la Switch 2 peut se défendre, surtout si vous retombez sur une bonne reprise ou une promo ponctuelle.

Mais si vous êtes dans mon cas – une Switch OLED qui tourne encore comme une horloge, une PS5 ou un bon PC à côté, un backlog énorme sur l’ancienne génération – je trouve sincèrement que passer à la Switch 2 maintenant est plus un achat de confort qu’un vrai besoin. Et à 500 €, je ne mets plus ce genre de somme dans du simple confort.

Ce que j’attendais de Nintendo (et que je ne vois pas encore)

Je sais que c’est mon côté fan de Shenmue et de jeux un peu fous qui parle, mais de Nintendo, j’attends plus qu’un “upgrade propre”. Ce constructeur a bâti sa légende sur des machines qui prenaient des risques débiles sur le papier : la N64 et ses cartouches, la GameCube et ses mini-disques, la DS et son double écran, la Wii et son motion gaming. Tout n’a pas marché à 100 %, mais au moins, ça essayait quelque chose.

La Switch 2, pour l’instant, ne donne pas cette impression. C’est une console très bien pensée, très bien marketée, très bien optimisée… mais aussi très sage. Pas de vraie révolution dans le game design permise par le hardware, pas de nouvelle manière de jouer, pas de fonctionnalité tellement essentielle que tu te demandes comment tu faisais avant. C’est du Nintendo qui joue en sécurité, parce qu’ils savent que leurs licences suffisent à porter la machine.

Et pendant qu’on parle de choses qui fâchent : si la Switch 2 ne règle pas une bonne fois pour toutes le problème de Joy-Con drift (ou équivalent sur ses contrôleurs), si on se retrouve encore avec des sticks qui lâchent au bout de quelques mois, là on ne sera plus dans la déception, mais dans le manque de respect total. À ce prix, ce genre de compromis n’est plus acceptable. Pour l’instant, Nintendo n’a pas donné la transparence que j’attendais sur ce point.

“Chacun son rapport au prix”… oui, mais ça n’excuse pas tout

Je comprends parfaitement ceux qui me diront : “Écoute, je vais passer 1000 heures sur cette console, 500 € ce n’est pas si délirant”. Honnêtement, mathématiquement, vous avez raison. Quand je vois le nombre d’heures que j’ai passées sur Breath of the Wild, Smash, Splatoon et consorts, je sais très bien que si je fais le calcul du coût par heure de fun, mes machines Nintendo sont probablement celles qui m’ont le plus “rapporté”.

Mais le problème n’est pas uniquement individuel. Il est structurel. À chaque fois qu’on valide sans sourciller un prix plus élevé pour une évolution seulement modérée, on fait un peu monter la température de la casserole. Xbox qui augmente les prix de ses consoles et de ses jeux, Nintendo qui sort une portable/hybride à 500 €, Sony qui pousse doucement le AAA à 80 €… À force, la norme devient absurde. Et ceux qui n’ont pas un gros budget sont les premiers à se retrouver exclus, ou à devoir attendre 3–4 ans pour profiter des mêmes expériences.

Je ne dis pas “boycottez Nintendo”, je ne dis pas “si vous achetez la Switch 2, vous êtes complices du mal absolu”. Je dis juste : soyons exigeants. Ce n’est pas parce qu’une console affiche Mario et Zelda sur la boîte qu’elle mérite automatiquement un chèque en blanc. On peut aimer la marque, adorer ses jeux, et quand même dire : “Là, les gars, vous abusez un peu.”

Ma position perso : j’attends, et j’assume

Concrètement, qu’est-ce que ça change pour moi ? Pour la première fois depuis longtemps, je ne vais pas acheter une console Nintendo dans sa fenêtre de lancement. Je garde ma Switch OLED, je continue de poncer mon backlog, je profite encore de ce que la machine sait faire de mieux. Je garde un œil sur le catalogue Switch 2, sur la manière dont Nintendo va gérer la transition, sur la qualité réelle des versions “exclusives” par rapport aux versions cross-gen.

Peut-être que dans deux ans, quand la console aura baissé, que les bundles seront plus agressifs, et que quelques jeux auront prouvé qu’ils ne pouvaient pas exister sur l’ancienne Switch, je reverrai ma copie. Je ne ferme pas la porte. Je dis juste que pour l’instant, à ce prix, pour ce niveau d’innovation, avec le matos que j’ai déjà à la maison, la Nintendo Switch 2 ne me semble pas valoir le coup.

Si vous êtes dans une autre situation, si vous n’avez pas de Switch, si vous vivez essentiellement en portable, si votre console actuelle est à l’agonie, votre calcul sera différent, et c’est parfaitement normal. Mais ne laissez pas le record de ventes ni le brouhaha autour du lancement décider à votre place. Regardez votre usage, vos autres machines, votre budget, et posez-vous la vraie question : “Est-ce que cette Switch 2 m’apporte autre chose qu’une version un peu plus jolie de ce que j’ai déjà ?”

Moi, aujourd’hui, la réponse est non. Et pour une console Nintendo à 500 €, c’est bien la première fois.

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finalboss
Publié le 22/02/2026
13 min de lecture
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