
Sur Call of Duty: Modern Warfare III, un écran de préchargement des shaders figé, une souris qui répond avec retard et un refus de Ricochet lié à Secure Boot peuvent produire la même impression : un client PC mal optimisé. Techniquement, ce sont trois pannes très différentes. Le cache graphique concerne la compilation des effets ; la latence d’entrée peut venir du moteur, de la charge GPU ou des pilotes ; TPM 2.0 et Secure Boot relèvent enfin de la chaîne de démarrage Windows et de l’UEFI.
Cette distinction compte particulièrement depuis que Call of Duty HQ réunit MWIII et Warzone, et que chaque grosse mise à jour peut reconstruire le cache, réinitialiser certains réglages et relancer les contrôles de sécurité. La Season 4 de MWIII a illustré cette friction côté client ; les retours de la bêta de Call of Duty: Modern Warfare 4 la prolongent avec des plaintes sur les performances, les entrées souris/clavier et la reconnaissance de TPM 2.0 ou Secure Boot.
Beenox, responsable de la version PC de Modern Warfare 4, annonce des réglages par défaut adaptés au matériel détecté, une meilleure réponse de la souris et un préchargement des shaders avant le lancement afin d’éviter les redémarrages observés ces dernières années. Sur le terrain, ces promesses se heurtent encore à des entrées retardées et à des machines pourtant conformes que le jeu ne reconnaît pas correctement. La première mise à jour de bêta, préparée pour le lendemain, doit inclure le réglage de l’audio des pas, l’activation du vote des cartes, des ajustements d’armes et des correctifs. Elle ne garantit pas, à elle seule, la disparition de chaque problème de performances ou d’input lag.
| Symptôme | Cause la plus probable | Test immédiat | Action à privilégier |
|---|---|---|---|
| Barre de shaders figée à 0 % ou à un faible pourcentage | Cache shader corrompu après un patch ou routine de compilation bloquée | Entrer dans le champ de tir, puis revenir au menu | Relancer le préchargement depuis les options graphiques |
| Micro-saccades à l’arrivée sur une carte, fumée ou effets lumineux | Shaders incomplets ou recompilation en arrière-plan | Vérifier l’état de préchargement avant de lancer une partie classée | Laisser la compilation finir ; purger le cache si elle reste bloquée |
| Viseur, déplacements ou touches clavier en retard | Pilote GPU, pilote souris, réglage d’entrée ou saturation de rendu | Comparer la sensation dans un autre jeu et dans le champ de tir | Réinstaller les pilotes et tester les réglages d’entrée un par un |
| Refus de lancement Ricochet malgré TPM et Secure Boot | UEFI/Legacy, disque MBR, état Secure Boot ou version Windows non conforme | Contrôler TPM.msc et les informations système Windows | Vérifier UEFI, GPT et Secure Boot avant toute modification du BIOS |
Le préchargement des shaders construit un cache adapté au GPU et aux pilotes installés. Son rôle est simple : préparer les effets de lumière, de post-traitement, de fumée et certains éléments de carte avant le match. Lorsqu’il échoue, le moteur peut compiler une partie de ces éléments au mauvais moment. Le résultat se traduit souvent par des à-coups au chargement d’une zone ou lors d’un effet visuel dense, même si le compteur de FPS moyen reste flatteur.
Dans MWIII et Warzone, la première action se trouve dans Paramètres → Graphiques → Affichage, en bas de la page : « Restart Shaders Preloading ». Cette commande supprime le cache existant et relance la compilation. Elle rallonge temporairement les chargements, ce qui est normal. Elle évite surtout le réflexe inutile de redémarrer Windows ou de réinstaller 100 Go de jeu pour un dossier de cache défaillant.
La purge manuelle force une reconstruction au prochain lancement et ne demande pas de redémarrer le PC. Elle doit rester ciblée : supprimer des fichiers au hasard dans le répertoire de Call of Duty HQ est la manière la plus rapide de transformer un cache corrompu en vérification complète des fichiers. Si la compilation se bloque après une mise à jour précise, il est également utile de conserver la date et la version du patch : le problème peut réapparaître après la prochaine saison, même avec un cache propre.

Une souris lourde dans Call of Duty ne prouve pas automatiquement que le signal USB arrive en retard. Une file de rendu trop longue, un GPU bloqué à 99 %, un frame time instable ou un pilote graphique installé par-dessus plusieurs versions peuvent tous ajouter une sensation de retard entre le mouvement et l’image affichée. Le test utile consiste à faire des balayages rapides en visée dans le champ de tir, puis à vérifier si la même souris paraît normale dans un autre jeu.
Si le problème est limité à MWIII ou à la bêta de Modern Warfare 4, les paramètres du jeu deviennent le premier levier. Le raw mouse input mérite un test dans ses deux états : certains systèmes gagnent en réactivité en le désactivant, d’autres conservent une meilleure cohérence lorsqu’il reste activé. Il faut modifier un seul réglage, jouer quelques minutes dans le même scénario, puis conserver la valeur qui stabilise le mieux la visée. Changer simultanément le DPI, la sensibilité, le filtrage et les pilotes ne donne aucune information exploitable.
Le paramètre render worker count, accessible dans le fichier de configuration plutôt que dans l’interface, peut aussi modifier la charge CPU et la régularité des images. Les valeurs empiriques les plus utilisées sont 8, la moitié des cœurs du processeur ou leur totalité. Aucune valeur universelle n’est validée pour MWIII : un Ryzen 7 à 8 cœurs, un Core i5 hybride et un processeur à 16 cœurs ne réagissent pas de la même manière. Ce réglage doit rester une expérimentation contrôlée, avec une copie du fichier de configuration avant modification.
Le mouse filtering réglé sur 2 a amélioré la sensation de délai dans certains cas, alors qu’un DPI très élevé peut accentuer le retard perçu. Une base de 800 à 1 600 DPI avec une sensibilité en jeu ajustée proprement constitue un test plus stable qu’un passage direct à 3 200 ou 6 400 DPI. Ce réglage ne corrige pas une file de rendu saturée, mais il peut éliminer une couche de comportement incohérent dans la lecture du périphérique.
Le point le plus concret reste le pilote graphique. Un cas de latence sévère sur MWIII avec clavier et souris a disparu après une désinstallation propre du pilote GPU avec DDU, suivie d’une réinstallation. C’est une procédure à réserver à un problème qui persiste après les tests de réglages, car elle demande d’installer à nouveau le pilote et de rétablir ses profils graphiques. Le pilote de la souris mérite aussi une réinstallation depuis le fabricant, surtout lorsqu’un logiciel de macros, d’accélération ou de remappage s’intercale entre Windows et le jeu.
Les plaintes sur une aide à la visée jugée trop favorable aux contrôleurs ne doivent pas être mélangées à la latence souris. L’une concerne l’équilibre entre méthodes d’entrée ; l’autre concerne le temps de réponse entre le mouvement physique et son affichage. Une souris parfaitement réactive ne résout pas un désaccord sur l’intensité de l’assistance au viseur, tandis qu’un réglage de l’aide à la visée ne répare ni un pilote GPU instable ni une compilation de shaders inachevée.

Le score Steam de la bêta de Modern Warfare 4, fixé à 53 % d’avis positifs au moment considéré, montre que cette séparation a une importance pratique : une partie des retours vise la stabilité et les entrées, une autre l’équilibre compétitif. Beenox peut améliorer la fidélité PC, les paramètres par défaut et le comportement de la souris ; l’arbitrage de l’aide à la visée relève d’une décision d’équilibrage distincte.
Depuis l’évolution de Ricochet en août 2025, Call of Duty demande TPM 2.0 et Secure Boot sous Windows 10 et Windows 11. Windows 10 doit être en version 22H2 ou ultérieure ; Windows 11 est pris en charge à condition que les fonctions matérielles requises soient actives. Le contrôle est binaire : si l’environnement de démarrage n’est pas conforme, le jeu peut refuser le lancement ou l’accès multijoueur.
Un PC sous Windows 11 acheté déjà assemblé dispose souvent de TPM 2.0 et Secure Boot, puisque ces fonctions font partie des exigences de l’OS. Cela ne garantit pas l’état actuel de la machine. Une remise à zéro du BIOS, l’activation de CSM, un ancien disque système au format MBR ou une installation Windows migrée depuis un PC plus ancien peuvent casser cette conformité sans que Windows paraisse anormal au quotidien.
Si TPM 2.0 est reconnu mais que Secure Boot est désactivé, l’action se fait dans l’UEFI, généralement sous Boot ou Secure Boot. Selon les constructeurs, le réglage peut s’appeler « Enabled », « Windows UEFI Mode » ou « Standard ». La modification impose un redémarrage, contrairement aux corrections de shaders. Après sauvegarde des paramètres, Windows doit redémarrer normalement avant de relancer le jeu.
Le cas délicat est un PC installé en Legacy sur un disque MBR. Basculer directement le BIOS en UEFI peut empêcher Windows de démarrer. La conversion MBR vers GPT via mbr2gpt ou une réinstallation propre peut être nécessaire avant d’activer Secure Boot. Cette opération doit commencer par une sauvegarde complète des fichiers importants. Un avertissement anti-triche ne justifie pas de modifier au hasard les options de démarrage d’une machine de travail ou d’un PC contenant plusieurs systèmes.