ROG Xbox Ally : le PC gaming nomade qui chamboule les codes
Executive Summary : La ROG Xbox Ally fusionne l’univers console et PC dans un boîtier portable. Windows 11 en chef d’orchestre, accès à tous les launchers et compatibilité Thunderbolt 4… Mais est-ce vraiment la console de poche ultime ou un simple joujou pour bidouilleurs avertis ?
1. L’idée derrière l’hybride : console ou PC ?
À la première prise en main, j’ai eu un dilemme classique : suis-je face à une Xbox sous stéroïdes ou à un mini-PC fait pour jouer ? Le branding Microsoft et l’interface Xbox cachent un Windows 11 complet qui peut se passer de sa surcouche. Résultat : un appareil capable de lancer votre bibliothèque Steam, Epic, Battle.net, GoG et même des outils pro comme Premiere Pro ou Visual Studio. Un fantasme pour nomades techos, un cauchemar potentiel pour fans de « plug & play ».
2. Design et ergonomie : entre confort et compromis
Avec ses 680 grammes et son format proche d’une tablette 7 pouces, l’Ally se glisse plutôt bien dans un sac. Les sticks à résistance variable, les gâchettes adaptatives et la disposition des boutons rappellent la Xbox Elite, et ça plaît aux habitués. Pourtant, l’épaisseur (environ 30 mm) et la ventilation exigent de gros dissipateurs, ce qui pèse sur l’équilibre main gauche/main droite au bout d’une heure de jeu.
Points forts :
- Boutons larges et sticks précis
- Gâchettes à retour haptique
- Écran tactile fluide 120 Hz
Points faibles :
- Chauffe perceptible sous le pouce
- Ventilateur audible en jeu soutenu
- Prise en main moins naturelle qu’une Switch
3. À la loupe : specs utiles vs marketing
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Processeur | AMD Ryzen Z1 Extreme (8 cœurs / 16 threads, boost à 5 GHz) |
| GPU intégré | AMD RDNA 3 – 12 CU |
| Mémoire vive | 32 Go LPDDR5X |
| Stockage | 1 To NVMe SSD (PCIe 4.0) |
| Écran | 7″ IPS FHD 120 Hz – 500 nits |
| Connectique | USB-C Thunderbolt 4, jack 3.5 mm, microSD |
| Système | Windows 11 Home + surcouche Xbox (en option) |
| Autonomie annoncée | 2 à 5 heures selon la charge GPU |
| Poids | 680 g |
| Prix de lancement | 899 € |
4. Performances gaming : les chiffres parlent
J’ai comparé l’Ally à un Steam Deck OLED et à un portable 15″ classique : League of Legends en ultra dépasse facilement les 100 fps. En AAA (Cyberpunk 2077, Assassin’s Creed Valhalla), on reste autour de 40–50 fps en 1080p avec quelques réglages baissés (shadows, distance d’affichage). Là où la différence se joue vraiment, c’est à l’export d’un Wattman tuné et la capacité à brancher une eGPU via Thunderbolt.

Benchmarks synthétiques (1080p, presets élevés)
- 3DMark Time Spy : 4 200 points
- Geekbench 6 multicœur : 14 500 points
- Shadow of the Tomb Raider : 48 fps moyen
- Forza Horizon 5 : 55 fps moyen
5. Autonomie et gestion thermique : le grand écart
Un fun fact : en mode économie d’énergie, l’Ally peut tenir près de 5 heures sur un jeu léger 2D ou de la lecture vidéo. Mais dès qu’on pousse le GPU, la batterie fond à vue d’œil, rendant 1 h 30 grand maximum l’objectif réaliste pour un AAA. Sur la partie thermique, le châssis chauffe jusqu’à 45 °C au dos, obligeant le ventilateur à tourner comme un petit drakkar.
Modes et résultats
- Économie d’énergie (30 W CPU/GPU) : 4 h 45
- Performance équilibrée (45 W) : 3 h 10
- Mode Turbo (54 W) : 1 h 20
6. Connectivité et adaptabilité : un atout maître
Le port Thunderbolt 4 transforme l’Ally en mini-PC de bureau. Branché à un moniteur, un clavier, une souris et un GPU externe, l’engin devient une station de travail capable de compilations rapides et de rendu vidéo. En USB-C, on recharge en 65 W, on transmet le flux vidéo, on connecte un DAC externe… C’est clairement plus flexible qu’une Steam Deck et inimaginable sur une Switch.

- Station d’accueil ROG en option
- Support multi-écrans (jusqu’à 4K@60Hz)
- Partage réseau et NAS plug & play
7. Logiciel et expérience utilisateur : la double face
La surcouche Xbox est fluide et ergonomique au pad, mais désactivez-la pour accéder à Windows 11, et vous voilà dans un monde de drivers, de mises à jour automatiques et de menus contextuels. J’ai bidouillé pour installer une VM Linux en dual-boot, utilisé Discord en arrière-plan, et piqué quelques coups de clavier dans Visual Studio. En revanche, j’ai connu deux crashs driver audio et une remise à jour Windows obligatoire en plein milieu d’une session.
En clair, si vous voulez une console sans stress, vous serez frustré. Si vous adorez le tuning et le multi-tasking, c’est votre Graal.

8. Alternatives : Steam Deck, Switch 2 et autres
- Steam Deck OLED : interface dédiée, autonomie similaire, OS Linux. Idéal pour qui veut un « vrai » système console fermé.
- Nintendo Switch 2 : zéro bidouille, jeux first-party, store fermé. Famille et casual en priorité.
- GPD Win Max : mini-PC sous Windows, moins de punch GPU, mais clavier, multi-port et usage pro natif.
9. Verdict : pour qui et pourquoi ?
La ROG Xbox Ally s’adresse avant tout aux nomades technophiles : ceux qui veulent un PC complet à la sauce console. Si votre rêve est d’alterner build Android, montage vidéo et baston sur Forza entre deux trains, cette machine est taillée pour vous. Par contre, si vous recherchez la simplicité « pick up & play », vous finirez par pester contre Windows et les drivers.
Pros & Cons
✔ Avantages
- Ultra-polyvalente (gaming, pro, dev)
- Connexion eGPU et multi-écrans
- Écosystème ouvert (tous launchers)
- Prestations solides pour AAA
- 32 Go de RAM pour l’avenir
✘ Inconvénients
- Autonomie limitée en jeu intensif
- Chauffe et ventilation bruyante
- Expérience Windows parfois capricieuse
- Pas de Xbox native pour tous les jeux
- Prix élevé pour une console portable